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lent les mtaux, comme l'or ou le cuivre, l'tat natif; ils savent fondre quelques minerais mtalliques (essentiellement des oxydes 45 D'aprs d'autres philosophes, en particulier Aristote, les la mme poque en Chine, une alchimie similaire voit le lments formeraient une masse continue, ce qui exclut l'existence jour. Le but est galement de fabriquer de l'or, mme si ce nest du vide. En revanche, pour picure, la matire serait constitue de pas pour la valeur montaire du mtal. Les Chinois croient en effet corps agrgats d'atomes et de vides en quantit illimite. Les que l'or est un remde qui peut confrer une longue vie et mme atomes, divisibles mathmatiquement mais pas physiquement, l'immortalit quiconque en consomme. De la mme faon que seraient caractriss par leur masse, leur taille et leur forme. les gyptiens, ils acquirent des connaissances chimiques Par la suite, la thorie atomiste est dlaisse par les Grecs, pratiques partir de thories sans validit prouve.

sans tre toutefois totalement oublie. Rtablie pendant la Renais- Aprs le dclin de l'Empire romain, les crits grecs sont sance, elle constitue la base de la thorie atomique moderne. moins ouvertement tudis en Occident, et sont mme largement Aristote devient le plus influent des philosophes grecs et ses ngligs l'est de la Mditerrane. Cependant, au VIe sicle, une concepts domineront la philosophie naturaliste pendant presque secte de chrtiens, les nestoriens, tendent leur influence en Asie deux millnaires aprs sa mort, en 322 av. J.-C. Selon lui, on Mineure. Ils crent une universit desse, en Msopotamie, et trouverait quatre qualits dans la nature: la chaleur, le froid, traduisent un grand nombre d'ouvrages philosophiques et l'humidit et la scheresse. Les quatre lments (terre, eau, air et mdicaux grecs en syriaque.

feu, auxquels il ajoute un cinquime lment, plus volatil que le Aux VIIe et VIIIe sicles, les conqurants arabes propagent feu, l'ther, appel galement cinquime essence) auraient chacun la culture islamique dans une grande partie de l'Asie Mineure, en deux de ces qualits. Par exemple, le feu serait chaud et sec, l'eau Afrique du Nord et en Espagne. Les califes de Bagdad deviennent froide et humide, l'air chaud et humide, et la terre froide et sche. des mcnes actifs de la science et de l'enseignement. Les versions Ces lments et leurs proprits se combineraient dans diffrentes syriaques des textes grecs sont nouveau traduites, cette fois en proportions pour former les constituants de la Terre. Comme on arabe, et, avec l'enseignement du grec, les ides et la pratique de peut modifier l'importance de chaque proprit dans un lment, l'alchimie fleurissent une nouvelle fois.

ces derniers devraient pouvoir tre transforms l'un en l'autre. Les alchimistes arabes, galement en contact avec la Chine Ainsi, le plomb pourrait tre transmut en or. de l'Est, connaissent l'or comme remde et partagent l'ide grecque de la perfection de ce mtal. On pense qu'un agent spciAlchimie. La transmutation des mtaux fique, la pierre philosophale, favorise la transmutation, laquelle devient l'objet de la recherche alchimique. Les alchimistes ont En gypte, la thorie d'Aristote est admise par les artisans, maintenant une motivation supplmentaire pour tudier les en particulier Alexandrie, qui devient, aprs 300 av. J.-C., le procds chimiques, car ces derniers peuvent non seulement centre intellectuel du monde antique. Selon les artisans, les mener la richesse, mais galement amliorer la sant. L'tude mtaux terrestres tendraient devenir de plus en plus parfaits et des produits et des appareillages utiliss en chimie fait un rel tre ainsi progressivement transforms en or; en outre, ils pensent progrs. Ainsi, on dcouvre des ractifs importants, tels que les pouvoir effectuer plus rapidement cette opration dans leurs alcalis caustiques (alcalins, mtaux) et les sels d'ammonium;

propres ateliers et transmuter ainsi les mtaux courants en or, l'appareillage de distillation est rgulirement amlior.

mtal inaltrable par l'air, l'eau ou les acides. Cette ide apparat en l'an 100 apr. J.-C. et domine la pense philosophique. Un grand La diffusion des connaissances nombre de traits sont publis sur l'art de la transmutation, ou alchimie. Bien que personne nait russi fabriquer de l'or, la Au XIe sicle, l'Occident connat une importante recherche du perfectionnement des mtaux permet de dcouvrir renaissance intellectuelle, qui est en particulier favorise par les certains procds chimiques. changes culturels entre les savants arabes et occidentaux, en 47 Sicile et en Espagne. Des coles de traducteurs sont fondes; elles Au cours des XIIIe et XIVe sicles, l'influence d'Aristote contribuent la transmission des concepts philosophiques et dcline dans tous les domaines de la pense scientifique. L'obserscientifiques arabes aux rudits europens. Ainsi, les savoirs de la vation de la fusion de la matire fait douter des explications du science grecque sont d'abord traduits en syriaque et en arabe, puis philosophe. Au Japon, les techniques de la trempe sont perfectionen latin, et les crits parviennent finalement dans toutes les parties nes jusqu'au XVe sicle, et des armes blanches (en particulier des d'Europe. Parmi les manuscrits les plus lus, une grande partie sabres et des pes) d'une qualit exceptionnelle, grce des proconcerne l'alchimie. cds aujourd'hui oublis ou dsormais inapplicables, sont fabriOn peut classer ces manuscrits en deux catgories: certains ques par des moines-forgerons au service de seigneurs. Aprs sont pratiques; d'autres tentent d'appliquer les thories de la nature 1500, les ouvrages d'alchimie apparaissent en nombre croissant, de la matire aux problmes alchimiques. La distillation est l'un comme ceux concernant la technologie. Le rsultat de ces des sujets pratiques les plus traits. La fabrication du verre ayant connaissances et de leur transmission est flagrant au XVIe sicle.



t largement amliore, en particulier Venise, on peut alors construire un appareil de distillation plus efficace que celui qui a L'avnement des mthodes quantitatives t ralis par les Arabes. En consquence, on peut condenser les Parmi les ouvrages les plus influents du XVIe sicle, on produits les plus volatils de la distillation. Parmi les produits trouve des tudes pratiques sur l'exploitation minire et la importants obtenus de cette faon figurent les alcools et des acides mtallurgie. Ces traits s'intressent en particulier aux minerais minraux tels l'acide nitrique, l'eau rgale (mlange d'acides pour leur contenu en mtaux de valeur, valuation qui ncessite nitrique et chlorhydrique, qui rend l'or soluble), l'acide sulfurique l'usage d'une balance de laboratoire ou cadran gradu, et le et l'acide chlorhydrique. Ces ractifs interviennent dans un grand dveloppement de mthodes quantitatives. Dans les autres nombre de ractions nouvelles. Les Arabes transmettent le mode domaines, en particulier en mdecine, les savants commencent de fabrication de la poudre canon l'Occident. l'origine, les reconnatre le caractre indispensable d'une plus grande prcision Chinois utilisaient cette poudre pour les feux d'artifice, mais, en dans la mesure et dans les procds de sparation des substances, Occident, elle devient rapidement l'un des principaux outils notamment en vue de la production de remdes.

guerriers. la fin du XIIIe sicle, une technologie chimique Ces mthodes quantitatives sont largement dveloppes par efficace est dveloppe en Europe.

le mdecin suisse Paracelse. Issu d'une rgion minire, il Les autres manuscrits d'alchimie transmis par les Arabes sintresse aux proprits des mtaux et de leurs composs, qu'il sont essentiellement thoriques. Un grand nombre d'entre eux considre plus efficaces que les remdes base de plantes utiliss prsentent un caractre mystique, contribuant peu au progrs de la par les mdecins orthodoxes. Pendant la majeure partie de sa vie, chimie. D'autres tentent d'expliquer la transmutation en termes il est impliqu dans de violentes querelles avec le pouvoir mdical physiques. Les Arabes ont fond leurs thories de la matire sur de l'poque, et il fonde la science de l'iatrochimie (usage de les ides d'Aristote, mais leur rflexion tend vers une plus grande mdicaments chimiques), prcurseur de la pharmacologie.

prcision, en particulier dans la composition des mtaux. D'aprs Paracelse et ses successeurs dcouvrent un grand nombre de eux, les mtaux sont constitus de soufre et de mercure, non pas composs et de ractions chimiques. l'ancienne thorie des les substances familires qu'ils connaissent parfaitement, mais principes du soufre et du mercure concernant la composition des plutt le principe du mercure, qui confre aux mtaux un mtaux, il ajoute un troisime constituant, le sel, partie terrestre de caractre fluide; et le principe du soufre, qui rend les substances tout compos. D'aprs Paracelse, lorsque le bois brle, l'lment combustibles et les mtaux corrodables. Les ractions chimiques qui brle est le soufre, celui qui s'vapore est le mercure et celui s'expliquent par des variations quantitatives de ces principes dans qui se transforme en cendres est le sel. Son insistance sur le la matire.

49 soufre combustible est dterminante pour le dveloppement supposent que les gaz nont pas de proprits chimiques; leur ultrieur de la chimie. attention est donc focalise sur le comportement physique de ces Les iatrochimistes qui suivent Paracelse se dmarquent de derniers.

certaines de ses ides les plus fantaisistes; de manire gnrale, ils Une thorie cintique molculaire des gaz prend ainsi associent ses recettes et les leurs pour prparer des remdes forme. Dans ce cadre, de remarquables expriences sont ralises, chimiques. Enfin, la fin du XVIe sicle, Andr Libavius publie notamment par Robert Boyle dont les tudes sur l'lasticit de l'air une classification des connaissances iatrochimiques dans son conduisent la loi qui porte son nom. Selon celle-ci, Alchimie, ouvrage souvent considr comme le premier manuel temprature constante, le volume d'un gaz est inversement de chimie. proportionnel aux pressions auxquelles il est soumis. C'est Boyle que l'on doit galement la dcouverte du rle de l'oxygne dans les Naissance de la chimie moderne combustions; en outre, il contribue la dfinition de l'lment chimique fournie plus tard par le Franais Lavoisier.

Dans la premire moiti du XVIIe sicle, certains scientifiques se mettent tudier exprimentalement les ractions Le phlogistique chimiques, non pas parce qu'elles sont utiles pour d'autres disciplines, mais plutt pour leur intrt propre. Le Flamand Jan Pendant que de nombreux philosophes spculent sur les lois Baptist Van Helmont, mdecin qui dlaissera la pratique mdicale mathmatiques, des savants tentent d'expliquer au moyen de pour se consacrer l'tude de la chimie, utilise une balance pour thories les ractions chimiques qu'ils observent. Les montrer qu'une quantit dfinie de sable peut tre fondue en iatrochimistes prtent une attention particulire au soufre et aux prsence d'une base pour former le gaz l'eau, et que ce produit, thories de Paracelse. Dans la seconde moiti du XVIIe sicle, le trait par de l'acide, rgnre la quantit originelle de sable mdecin, conomiste et chimiste allemand Johann Joachim Becher (silice). Ainsi apparaissent les prmices des fondements du construit un systme chimique autour de ce principe. Il remarque principe de conservation de la masse. Van Helmont dcouvre que lorsque la matire organique brle, une substance volatile se galement que, dans un certain nombre de ractions, un fluide vaporise. Son disciple Georg Ernst Stahl en fait le fondement arien (le gaz carbonique) est libr. Il appelle cette substance d'une thorie qui survivra dans les cercles chimiques pendant prs gaz. L'existence d'un nouveau groupe de substances avec ses d'un sicle: l'hypothse du phlogistique.





propres proprits physiques vient d'tre dmontre. C'est encore Stahl suppose que lorsqu'une substance brle, sa partie lui que l'on doit l'invention du thermomtre. combustible se dgage dans l'air. Il appelle cette partie le phlogistique, du mot grec signifiant inflammable. Selon Stahl, Thorie cintique des gaz la corrosion des mtaux est analogue la combustion et implique donc la perte du phlogistique. Les plantes absorbent le Au XVIe sicle, suite la dcouverte de la possibilit de phlogistique de l'air et sont donc riches en phlogistique. Chauffer crer un vide, ce qu'Aristote dclarait impossible, l'attention se la chaux ou des oxydes mtalliques au feu de bois leur redonne le porte sur l'ancienne thorie de Dmocrite, qui suppose que les phlogistique. Par consquent, la chaux est un lment et le mtal atomes se dplacent dans le vide. Ren Descartes et ses un compos. Cette thorie, qui va l'encontre de la conception successeurs introduisent alors un concept mcanique de la matire actuelle de l'oxydorduction, implique la mutation cyclique d'une selon lequel la taille, la forme et le mouvement des particules substance quand bien mme dans la mauvaise direction et expliquent tous les phnomnes observs. cette poque, la certains phnomnes observs peuvent s'expliquer par cette plupart des philosophes naturalistes et des iatrochimistes mutation. Cependant, des tudes rcentes en histoire de la chimie 51 montrent que l'hypothse du phlogistique na eu qu'une influence dgagent un gaz et laissent un rsidu, la magnsie calcine, ou mineure parmi les chimistes, jusqu' ce qu'elle soit rfute par chaux. Cette dernire ragit avec l' alcali (carbonate de sodium) Lavoisier, dans le dernier quart du XVIIIe sicle. pour rgnrer les sels originaux. Ainsi, le dioxyde de carbone, que Black appelle air fixe, joue un rle fondamental dans Approche scientifique certaines transformations. L'ide qu'un gaz ne peut pas intervenir dans une raction chimique est dfinitivement branle, et dj Au XVIIIe sicle, une nouvelle observation fait progresser quelques gaz sont reconnus comme composs part entire.

la comprhension de la chimie: les scientifiques constatent que certaines substances se combinent plus facilement que d'autres, ou Travaux de Priestley ont une plus ou moins grande affinit pour un produit donn. Des tables dtailles sont tablies pour montrer les affinits relatives Le physicien britannique Henry Cavendish isole l' air des composs lors de leur mlange. L'tude et l'usage de ces tables inflammable (hydrogne) en 1766. Il introduit galement l'usage rendent possible la prdiction de nombreuses ractions chimiques du mercure la place de l'eau comme liquide de confinement, auavant leur ralisation en laboratoire. dessus duquel les gaz sont recueillis, rendant possible la rcupration des gaz solubles dans l'eau. Cette variante est La chimie analytique largement utilise par Joseph Priestley, qui recueille et tudie une douzaine de gaz nouveaux. La plus importante dcouverte de Cette nouvelle approche conduit la dcouverte de nouPriestley est celle d'un gaz que Lavoisier nommera plus tard veaux mtaux, de leurs composs et de leurs caractristiques. Les oxygne, et il se rend rapidement compte que ce gaz est un mthodes analytiques qualitatives et quantitatives se dveloppent:

constituant de l'air, responsable de la combustion et rendant la science de la chimie analytique est ne. Nanmoins, aussi possible la respiration des animaux. Il remarque que, immerges longtemps que le rle des gaz reste ltude exclusive de la dans ce gaz, les substances combustibles brlent plus facilement et physique, la dimension de la chimie ne peut tre pleinement que les mtaux forment plus facilement des chaux, puisqu'ils sont reconnue.

dpourvus de phlogistique. Par consquent, ce gaz accepte le phlogistique prsent dans la substance combustible ou le mtal L'tude chimique des gaz plus facilement que l'air ordinaire, en partie constitu de phlogistique. Priestley dnomme ce gaz air dphlogistiqu et L'tude chimique des gaz prend son essor au dbut du prne sa thorie jusqu' la fin de sa vie.

XVIIIe sicle, lorsque le naturaliste britannique Stephen Hales met au point le principe de la cuve eau, qui lui permet de rcuprer Travaux de Lavoisier les gaz mis par de nombreuses substances chauffes et de mesurer le volume de ces gaz. La cuve eau devient un dispositif prParalllement en France, la chimie progresse de manire cieux pour la collecte et l'tude des gaz, domaine qui progresse rapiclatante, en particulier dans le laboratoire de Lavoisier, qui est dement et conduit un nouveau niveau de comprhension des gaz.

troubl par l'observation suivante: les mtaux chauffs dans l'air gagnent du poids, alors qu'ils sont supposs perdre du Travaux de Joseph Black phlogistique.

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